Pourquoi les signaux d’alerte dans un bail commercial sont importants pour les locataires
Signer un bail commercial constitue l’un des engagements juridiques et financiers les plus importants qu’une entreprise puisse prendre. Contrairement aux baux résidentiels, les baux commerciaux au Canada sont largement non réglementés et font l’objet de négociations intenses, les bailleurs partant souvent d’une position favorable.
Comprendre les principaux risques avant de signer peut aider les locataires à éviter des coûts imprévus, des perturbations opérationnelles et des responsabilités à long terme. Voici cinq signaux d’alerte essentiels que tout locataire devrait connaître, ainsi que des stratégies concrètes pour les atténuer.
1. Frais additionnels et coûts d’exploitation non plafonnés
Le problème
De nombreux baux exigent que les locataires paient un « loyer additionnel » (également appelé « frais d’exploitation » ou « entretien des parties communes » en plus du loyer de base. Ces coûts sont parfois mal définis et non plafonnés.
Pourquoi c’est important
Les frais d’exploitation peuvent augmenter considérablement en raison d’éléments tels que les réévaluations de la taxe foncière, les réparations ou la hausse des coûts des services. En l’absence de limites, les locataires peuvent faire face à des dépenses imprévisibles et croissantes qui affectent leur trésorerie.
Ce que les locataires devraient faire
- Négocier un plafond sur les coûts d’exploitation contrôlables (ex. 3 à 5 % par année)
- Exclure ou limiter les dépenses d’investissement
- S’assurer que les coûts sont clairement définis et raisonnables
- Obtenir des droits de vérification et un rapport annuel détaillé
2. Clauses générales de relocalisation ou de démolition
Le problème
Certains baux permettent au bailleur de relocaliser les locataires ou de résilier le bail de façon anticipée à des fins de réaménagement.
Pourquoi c’est important
L’emplacement est crucial pour de nombreuses entreprises. Être contraint de déménager peut entraîner une perte de clientèle, des coûts de rebranding et des interruptions d’activité.
Ce que les locataires devraient faire
Supprimer ces clauses du contrat de location. Si le locataire n’a pas le pouvoir de négociation nécessaire pour les faire retirer, voici quelques stratégies d’atténuation :
- Exiger un relogement vers des locaux comparables
- S’assurer que le bailleur prend en charge :
• les frais de déménagement
• les frais d’aménagement
• les pertes liées à l’interruption des activités - Négocier un droit de résiliation si le nouvel espace n’est pas adéquat
- Exiger un préavis de 12 à 24 mois pour la démolition
3. Garanties personnelles et clauses d’indemnisation générales
Les bailleurs exigent souvent que les dirigeants d’entreprise se portent garants à titre personnel des obligations découlant du bail ou qu’ils acceptent des clauses d’indemnisation générales.
Pourquoi c’est important
Cela expose les individus à une responsabilité financière personnelle, même lorsque l’entreprise est exploitée par l’entremise d’une société.
Ce que les locataires devraient faire
- Limiter les garanties selon les éléments suivants :
• de la durée (ex. 2 à 3 premières années seulement)
• du montant (ex. plafonné à 6 à 12 mois de loyer) - Envisager des alternatives telles que :
• les dépôts de garantie
• les lettres de crédit - Restreindre les indemnités afin qu’elles ne s’appliquent qu’en cas de négligence ou de faute grave du locataire.
4. Restrictions en matière de cession et de sous-location
Le problème
Les baux limitent souvent la capacité du locataire à céder son bail ou sous-louer sans le consentement du bailleur.
Pourquoi c’est important
Cela peut limiter votre capacité à vendre votre entreprise, à la restructurer ou à résilier le bail avant terme. Dans certains cas, les bailleurs peuvent refuser leur accord ou imposer des frais supplémentaires.
Ce que les locataires devraient faire
- Exiger que le consentement du bailleur ne soit pas refusé ou retardé sans motif valable
- Limiter la capacité du bailleur à :
• reprendre les locaux
• augmenter le loyer lors d’une cession - Prévoir une certaine souplesse pour :
• les transferts à des sociétés affiliées
• la vente de l’entreprise (ex. que le consentement du bailleur n’est pas requis en cas de changement de contrôle ou de situation similaire).
5. Conditions de renouvellement contrôlées par le bailleur
Le problème
Les options de renouvellement peuvent être vagues ou permettre au bailleur de fixer le loyer aux « taux du marché » sans processus clair.
Pourquoi c’est important
En l’absence de certitude, les locataires risquent d’être contraints d’accepter des conditions de renouvellement défavorables ou de perdre purement et simplement leur local.
Ce que les locataires devraient faire
- Définir comment le « loyer du marché » est déterminé (ex. processus d’évaluation)
- Inclure un mécanisme de résolution des litiges (ex. l’arbitrage)
- Fixer les termes clés lorsque possible (périodes de renouvellement, droits d’usage, etc.)
Réflexion finale : le risque lié aux baux est gérable grâce à un processus de vérification adéquat
Les baux commerciaux sont des documents juridiques complexes qui peuvent avoir un impact significatif sur la santé financière et la stabilité opérationnelle de votre entreprise. Bien que ces signaux d’alerte soient fréquents, ils sont aussi négociables, en particulier avant la signature du bail.
Les locataires qui prennent le temps d’identifier et d’adresser ces enjeux en amont sont beaucoup mieux positionnés pour protéger leurs intérêts et éviter des surprises coûteuses par la suite.
Si vous souhaitez obtenir de l’aide pour analyser un bail ou négocier des conditions plus favorables aux locataires, solliciter les conseils juridiques de Services Conseils Landmark dès le début du processus peut faire toute la différence.

Slade Rieger
Directeur juridique intérimaire
Slade a joint Services Conseils Landmark en 2023 et fait partie intégrante de l’équipe.